40 ans, ma deuxième vie

En passant

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J’ai vécu jusqu’à aujourd’hui de façon unique : la mienne.
J’ai rêvé d’idéal. J’ai foncé bien trop de fois sans nuance. J’ai idéalisé l’application méthodique des valeurs de nos jours parfois désuètes, qui sont miennes. J’ai perdu certaines illusions et je me suis souvent trompée mais au final, j’ai surtout construit tout en aimant « l’autre » profondément et en croyant en la nature humaine.
J’ai façonné à tâtons, fait tout écrouler de mes ratés puis, avec plus de réflexion, élaboré avec minutie et dans l’Amour, une vie qui aujourd’hui a un sens : le mien.
Ce souffle de la passion des choses, c’est un trait de ma jeunesse, surtout.
Cette incroyable et positive naïveté de ne jamais justement imaginer qu’un jour, cette vie puisse s’arrêter et attendre toujours plus de soi, des autres et de sa destiné.
Il y a trois jours, le 14 décembre, a eu lieu la tuerie de Newtown. Un tueur lourdement armé s’est attaqué à une école primaire du Connecticut aux Etats Unis, faisant 28 morts dont 20 enfants. L’un des pires massacres commis dans un établissement scolaire aux Etats-Unis.
A chaque drame de trop, après l’empathie, c’est la même pensée.
J’aurais pu être l’une de ses mères à qui la mort a arraché son enfant, ou quelqu’un d’autre dont la vie s’est arrêtée avec brutalité près de chez moi ou ailleurs, il y a trois jours, hier, ou aujourd’hui.
Confucius avait raison : « on a deux vies, et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on en a qu’une ».
J’ai 40 ans aujourd’hui, je commence donc ce 17 décembre 2012 ma deuxième vie.

50 nuances de Grey met une fessée à la littérature « bien comme il faut » !

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Ma copine Cathy me l’a remis avec un air de conspiratrice et un sourire entendu, et m’a bien prévenue : « Lis ça, tu ne pourras pas le lâcher ».
Trois jours plus tard, j’avais englouti les 551 pages dudit « IT book féminin » de l’année.
Avec la sortie et la promotion de mon livre à moi, écrit en partie avec mes petites mimines, je m’étais ensuite plutôt consacrée à lire des romans indiens (j’adore la littérature indienne et plus particulièrement Indu Sundaresan) et n’avais pas vraiment entendu parler DU livre.
Au départ, j’ai naïvement cru que ce best-seller allait évoquer les enjeux du pouvoir et la manipulation intellectuelle entre un pervers narcissique et une femme mais ça, ça a été jusqu’à … la troisième page !

Séance de rattrapage pour celles qui sont en retard sur ce phénomène littéraire sorti en France en octobre dernier :

« 50 nuances de Grey » (Fifty shades of Grey) raconte avant tout, une histoire d’amour (il fallait bien ça pour nous plaire, c’est notre côté fleur bleue à nous les femmes), les ébats sadomasochistes (soft) de Christian Grey, jeune et beau (enfin, TRES TRES beau) millionnaire (ça aide quand même) obsédé par le fait de tout contrôler (il faut bien qu’il ait un vice de forme cet apollon !) et d’Anastacia Steele, très belle, mince (ben voyons) et prude (pas tant que ça) étudiante en littérature de 21 ans (c’est l’âge de la majorité aux US, faudrait pas trop choquer quand même), à la base vierge (mais pas effarouchée) à qui il propose de partager ses fantasmes en devenant sa soumise conctractuellement pour aller s’encanailler dans sa chambre rouge de la douleur (dans une atmosphère de luxe et de très haut rafinement, tout de même).
Ce livre, n’est pas un simple livre, véritable aventure éditoriale à lui tout seul, il est LE symbole d’un nouveau genre : Le « mummy porn », soit porno soft à destination des mères de famille et soit dit en passant, j’aurais aimé en être son auteure quand on sait que mon livre n’a été tiré qu’à 5000 exemplaires.
Distribué dans le monde entier (enfin dans les pays où il n’est pas censuré), il s’est déjà vendu à plus de 50 millions copies dont pas moins de 245 000 en France, c’est vous dire si E.L James, scénariste britannique, doit empiler ses livres sterling de droits d’auteur et ce, dès son premier ouvrage ! C’est donc avec regret que je vous l’annonce : le porno littéraire pour les mères de famille est donc bien plus vendeur que les régimes.
J’ai toujours pensé que les films pornographiques étaient faits par des hommes pour des hommes tellement ils sont loin, scénarios et images à l’appui, des canaux d’excitation des femmes, sensibles et cérébrales.
Pour récupérer des avis et donc lancer la discussion, j’ai adressé profusion de SMS à l’ensemble de mes copines qui l’ont pratiquement toutes lu (surtout les parisiennes) et adoré (voire même, leurs mères pour certaines).
Reste deux catégories plus minoritaires : celle qui dit ne pas l’avoir lu et qui ment et celle qui affirme sans l’avoir lu que de toute façon c’est un ramassis d’anneries, qu’elle n’en a pas besoin, que c’est mal écrit, patati, patata…. Et que de toute façon elle ne le lira pas.
Je suis navrée de dire qu’avec « 50 nuances de Grey », même si l’on est parfaitement sexuellement équilibrée et satisfaite, on en a pour son argent (en plus Cathy me l’a prêté) et oserais-je le dire : que l’intrigue est bien montée pour… durer et faire son effet comme attendu.
En gros, dans les années 80, on a toutes et tous fredonné avec le groupe français Il était une fois la fameuse chanson « Je l’ai rêvée si fort que les draps s’en souviennent» et bien, si on est célibataire et qu’on n’a pas de partenaire, je suis certaine que ce peut être aussi le cas à la lecture de 50 nuances de Grey. Bref, ce bouquin pourrait presque faire office de sex partner cérébral.
« Si l’intrigue ne casse pas deux pattes à une sadomaso » pour reprendre la citation de la journaliste Florence Roques, il est également sans surprise et facile à lire. Mais soyons vraiment honnêtes : on VEUT le numéro 2 (ouf : c’est une trilogie !) et pourquoi devrions nous forcément lire un ouvrage intellectuel ?
Ce livre en plus de DIVERTIR est également une vraie révolution dans les foyers puisqu’il permet une libération de la parole sur un sujet d’ordinaire plus sensible que d’autres (le sexe) et disons-le tout de go : de bonnes discussions légères entre copines, loin de nos maris et de nos enfants.
L’auteure a recemment signalé que bon nombre d’hommes étaient heureux que leurs femmes aient eu cette lecture car cela leur avait donné des idées et avait renforcé leur libido (tu m’étonnes qu’ils soient contents ces messieurs !)… Ce n’est pas le cas du pauvre mari de cette britannique qui, comme la presse d’outre manche s’en est faite l’écho, a divorcé d’un époux qu’elle a qualifié de sexuellement ennuyeux lorsqu’il a refusé certaines pratiques évoquées dans le best-seller.
Excellente recette marketing, tout le monde veut surfer sur le succès de 50 nuances de Grey. Ainsi : on recense un livre qui décode l’original (pourtant assez explicite), on en annonce un autre pour janvier intitulé « la cuisine des 50 nuances de Grey », toute une gamme de sex toys et d’accessoires coquins ont fait leur apparition et le film est déjà en cours de casting.
« 50 nuances plus sombres » paraîtra le 3 janvier 2013 et « 50 nuances plus claires », le 6 février ce qui, je vous le concède, vous laisse assez aisément présumer de l’intrigue.
Gageons que ces deux nouveaux titres vont encore administrer un sacré coup de fouet aux ventes en librairie !

Mes savons ont une âme

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Certains ont leur Madeleine de Proust, moi j’ai mes savons du souvenir et j’y tiens.
A chaque fois que j’utilise les toilettes dites « publiques » de notre maison, la Casa Madre, (comprenez celles du rez-de-chaussée à usage des invités), ils sont là, sous mes yeux et je ne peux m’empêcher de me demander si leur fabriquant est toujours en vie, s’il a fermé ou dû abandonner derrière lui des milliers de ces petits cubes odorants, s’il a encore du stock ou s’il pourra assurer sa production annuelle qui devrait démarrer en cette période et durer deux mois avant le traditionnel séchage qui prend presque une année.
Bref, à chaque fois que j’utilise mes lavabos, j’admire mes savons d’Alep et leurs jolies formes et c’est la GUERRE en Syrie qui me saute au visage.
Avant, le savon d’Alep, cela m’évoquait seulement l’antiquité, l’origine du savon dur, l’Orient, le Hammam, les mille et une nuits, l’huile d’olive et de baies de laurier et cette texture un peu grasse qui fait sa renommée internationale de par ses qualités hydratantes et apaisantes. Mais ça, c’était avant.
A présent, ce savon m’évoque aussi les violents combats entre les rebelles de l’Armée Syrienne Libre (ASL) et les forces gouvernementales qui ont lieu à Alep depuis plus de quatre mois, la peur, les planques, le sang, les pilonnages, le rationnement, les voies d’exportation désormais totalement coupées vers le nord (kurde) de l’Irak et vers la France, tout comme les échanges financiers que notre pays a désormais totalement interdit depuis janvier au nom du droit à la démocratie pour les syriens.
Et ces petites entreprises où l’on se transmet l’art de la saponification de père en fils ? Celles-là mêmes où l’on découpe encore manuellement ces petits cubes qui atteriront dans nos parapharmacies puis dans nos salles de bains et qui ont séché dans des tours à l’abri du soleil, survivront t-elles à tout cela ?
Beaucoup ont fermé mais d’autres se battent pour faire face aux effets pervers de la guerre (augmentation vertigineuse du coût de la matière première, manque de main d’œuvre, difficulté à trouver des emballages de qualité). Malgré tout, le savon d’Alep a toujours existé et certains importateurs français, persuadés que ce produit ancestral survivra à la guerre n’abandonnent pas ces producteurs de concentré de vraies valeurs et utilisent le système D pour continuer leurs échanges commerciaux. Oui mais, pour combien de temps ?
La semaine dernière je me baladais dans une grande enseigne de décoration et je me suis arrêtée net au rayon salle de bain/cosmétiques : tous leurs savons d’Alep étaient bradés à -80%. J’ai acheté le peu qu’il restait en rayon. A la caisse, j’ai demandé à la caissière ce qu’Alep évoquait pour elle. Elle a haussé les épaules et m’a répondu : « ben, du savon ».
Alors, on s’en lave les mains ou pas ?

Pour découvrir la fabrication du savon d’Alep vous pouvez visionner la vidéo suivante :
Merci Saryane !

Bonjour tout le monde !

Enfin !

Ecrire à beau être notamment une façon de parler sans être interrompue, les nouveaux outils de blogging ont encore beaucoup de secrets pour moi et inutile de vous dire que j’aurais bien besoin d’une formation sérieuse sous WordPress et en informatique en général. Mais nous y voilà, le plus gros est fait semble t-il : j’ai un hébergeur, un nom de blog et des idées à foison.

Pourquoi prose kawa ?

Prose, parce qu’après l’écriture « d’Ex-fan des régimes » (paru aux Editions De La Martinière en mars 2012 et coécrit avec Laurence Haurat), il n’y a pas eu un seul jour où je n’ai pas conceptualisé dans ma tête un billet. La guerre en Syrie, un ciel magnifique, un met savoureux, un regard, un évènement, une lecture, une tragédie, un partage, une contrariété, une tendance, une idée, un coup de gueule, un fou rire, une rencontre déterminante, un voyage, et même un nouveau vernis à ongles (c’est vous dire comme je peux aussi être légère !) ou un bestseller … TOUT me relie comme vous chaque jour à ce monde et j’ai envie de partager avec le plus grand nombre  ce qu’il m’inspire. Vous connaissez le fameux slogan « Connecting people ? » il aurait pu être de moi si Nokia ne l’avait pas inventé. Si, si, je vous jure.

Ces quelques lignes, « promis- juré-craché » vous pourrez les parcourir le temps d’un Kawa, comprenez d’une pause café (ok, d’un thé également pour ceux et celles qui détestent le café) que vous viviez à Paris, Douarnenez, Marseille, en Auvergne, à Marrakech ou de n’importe quel endroit du monde – si tant est que vous parliez français.

Mes billets, j’ai à cœur qu’ils puissent vous amuser, vous contrarier, vous faire rêver, vous informer ou tout simplement vous faire franchement  rire mais en tous les cas, ne pas vous laisser indifférent(e).

A très vite donc et n’hésitez pas à vous abonner à Prose Kawa !