50 nuances de Grey met une fessée à la littérature « bien comme il faut » !

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Ma copine Cathy me l’a remis avec un air de conspiratrice et un sourire entendu, et m’a bien prévenue : « Lis ça, tu ne pourras pas le lâcher ».
Trois jours plus tard, j’avais englouti les 551 pages dudit « IT book féminin » de l’année.
Avec la sortie et la promotion de mon livre à moi, écrit en partie avec mes petites mimines, je m’étais ensuite plutôt consacrée à lire des romans indiens (j’adore la littérature indienne et plus particulièrement Indu Sundaresan) et n’avais pas vraiment entendu parler DU livre.
Au départ, j’ai naïvement cru que ce best-seller allait évoquer les enjeux du pouvoir et la manipulation intellectuelle entre un pervers narcissique et une femme mais ça, ça a été jusqu’à … la troisième page !

Séance de rattrapage pour celles qui sont en retard sur ce phénomène littéraire sorti en France en octobre dernier :

« 50 nuances de Grey » (Fifty shades of Grey) raconte avant tout, une histoire d’amour (il fallait bien ça pour nous plaire, c’est notre côté fleur bleue à nous les femmes), les ébats sadomasochistes (soft) de Christian Grey, jeune et beau (enfin, TRES TRES beau) millionnaire (ça aide quand même) obsédé par le fait de tout contrôler (il faut bien qu’il ait un vice de forme cet apollon !) et d’Anastacia Steele, très belle, mince (ben voyons) et prude (pas tant que ça) étudiante en littérature de 21 ans (c’est l’âge de la majorité aux US, faudrait pas trop choquer quand même), à la base vierge (mais pas effarouchée) à qui il propose de partager ses fantasmes en devenant sa soumise conctractuellement pour aller s’encanailler dans sa chambre rouge de la douleur (dans une atmosphère de luxe et de très haut rafinement, tout de même).
Ce livre, n’est pas un simple livre, véritable aventure éditoriale à lui tout seul, il est LE symbole d’un nouveau genre : Le « mummy porn », soit porno soft à destination des mères de famille et soit dit en passant, j’aurais aimé en être son auteure quand on sait que mon livre n’a été tiré qu’à 5000 exemplaires.
Distribué dans le monde entier (enfin dans les pays où il n’est pas censuré), il s’est déjà vendu à plus de 50 millions copies dont pas moins de 245 000 en France, c’est vous dire si E.L James, scénariste britannique, doit empiler ses livres sterling de droits d’auteur et ce, dès son premier ouvrage ! C’est donc avec regret que je vous l’annonce : le porno littéraire pour les mères de famille est donc bien plus vendeur que les régimes.
J’ai toujours pensé que les films pornographiques étaient faits par des hommes pour des hommes tellement ils sont loin, scénarios et images à l’appui, des canaux d’excitation des femmes, sensibles et cérébrales.
Pour récupérer des avis et donc lancer la discussion, j’ai adressé profusion de SMS à l’ensemble de mes copines qui l’ont pratiquement toutes lu (surtout les parisiennes) et adoré (voire même, leurs mères pour certaines).
Reste deux catégories plus minoritaires : celle qui dit ne pas l’avoir lu et qui ment et celle qui affirme sans l’avoir lu que de toute façon c’est un ramassis d’anneries, qu’elle n’en a pas besoin, que c’est mal écrit, patati, patata…. Et que de toute façon elle ne le lira pas.
Je suis navrée de dire qu’avec « 50 nuances de Grey », même si l’on est parfaitement sexuellement équilibrée et satisfaite, on en a pour son argent (en plus Cathy me l’a prêté) et oserais-je le dire : que l’intrigue est bien montée pour… durer et faire son effet comme attendu.
En gros, dans les années 80, on a toutes et tous fredonné avec le groupe français Il était une fois la fameuse chanson « Je l’ai rêvée si fort que les draps s’en souviennent» et bien, si on est célibataire et qu’on n’a pas de partenaire, je suis certaine que ce peut être aussi le cas à la lecture de 50 nuances de Grey. Bref, ce bouquin pourrait presque faire office de sex partner cérébral.
« Si l’intrigue ne casse pas deux pattes à une sadomaso » pour reprendre la citation de la journaliste Florence Roques, il est également sans surprise et facile à lire. Mais soyons vraiment honnêtes : on VEUT le numéro 2 (ouf : c’est une trilogie !) et pourquoi devrions nous forcément lire un ouvrage intellectuel ?
Ce livre en plus de DIVERTIR est également une vraie révolution dans les foyers puisqu’il permet une libération de la parole sur un sujet d’ordinaire plus sensible que d’autres (le sexe) et disons-le tout de go : de bonnes discussions légères entre copines, loin de nos maris et de nos enfants.
L’auteure a recemment signalé que bon nombre d’hommes étaient heureux que leurs femmes aient eu cette lecture car cela leur avait donné des idées et avait renforcé leur libido (tu m’étonnes qu’ils soient contents ces messieurs !)… Ce n’est pas le cas du pauvre mari de cette britannique qui, comme la presse d’outre manche s’en est faite l’écho, a divorcé d’un époux qu’elle a qualifié de sexuellement ennuyeux lorsqu’il a refusé certaines pratiques évoquées dans le best-seller.
Excellente recette marketing, tout le monde veut surfer sur le succès de 50 nuances de Grey. Ainsi : on recense un livre qui décode l’original (pourtant assez explicite), on en annonce un autre pour janvier intitulé « la cuisine des 50 nuances de Grey », toute une gamme de sex toys et d’accessoires coquins ont fait leur apparition et le film est déjà en cours de casting.
« 50 nuances plus sombres » paraîtra le 3 janvier 2013 et « 50 nuances plus claires », le 6 février ce qui, je vous le concède, vous laisse assez aisément présumer de l’intrigue.
Gageons que ces deux nouveaux titres vont encore administrer un sacré coup de fouet aux ventes en librairie !

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