C’est bizarre cette histoire du temps qui passe…

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A 5 ans, on répète fièrement « quand je serai grande … » (si on est une fille, hein !) tout ça parce qu’à chaque fois qu’on nous a freiné dans ce que notre âge ne nous permettait pas de faire on s’entendait systématiquement dire « tu feras ça quand tu seras grande ». Bref, dans très, très longtemps.

A 11 ans, on espère être adolescente parce qu’on a l’impression qu’alors, tout sera permis.
Pourtant, les quatre longues années qui nous séparent de l’âge convoité, nous paraissent une éternité.

15 ans. Désillusion : les interdits ne tombent pas tous, loin s’en faut, et pour certains, c’est justement l’âge qu’on aurait voulu ne jamais avoir tant il est ingrat.
Bref «ça fout le seum », comprenez ça énerve, d’autant qu’on se sent vraiment plus vieux qu’on ne l’est réellement. Le côté positif c’est aussi la perspective proche de l’entrée au lycée, des copains et du fameux graal, pourtant si dévoyé : le baccalauréat.
La formule « Passe ton bac d’abord » va enfin pouvoir prendre tout son sens, c’est certain.

Finalement, à 15 ans, on a déjà envie d’en avoir 18.
Pourquoi ? Parce qu’on sera LIBRE de partir ! (Genre !)

A 20 ans, on est immortelle. On a des rêves plein la tête et rien n’est impossible.

A 25 ans, on envisage parfois une vie à deux et plus si affinités. Sinon, on voyage aussi.

A 30 ans, on est peut-être d’heureux parents en pleine fleur de l’âge et déjà, les années commencent à avancer plus vite. C’est le temps des poussettes, des petits pots, des couches, des problèmes de nounous, et de la meilleure tranche d’âge sur le marché du travail qui va durer si peu qu’à 40 ans on se verra taxer de « presque » senior.

Le 40ème anniversaire, l’heure de la « Big fiesta » et nos enfants ont l’impression qu’on cherche à faire la fête comme les « djeuns » alors que pour eux on est déjà vieux et que définitivement, on va devenir très vieux… Bref, on est « relous».

« waich waich » (Hum, hum)

Depuis quelques années, j’interroge systématiquement « l’homme » avec le même étonnement candide :

« Tu ne trouves pas que cette journée/semaine/mois/trimestre/année est passée à toute allure ? »

Et chaque fois, un petit sourire en coin, il me répond, inlassablement :

«Il y a toujours 24 heures dans une journée » et invariablement, j’ajoute que définitivement, on ne dirait pas.

Me voilà quadra N+1 et mon ado me rappelle que je suis « vieille ».

D’ailleurs, je m’interroge : a-t-elle jamais réussi à m’imaginer « jeune » la bougresse ?

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Moi, j’ai envie de lui crier que je me souviens, non, mieux : j’ai ENCORE 15 ans. D’ailleurs, ma meilleure amie est toujours celle que j’ai connu à 15 ans, c’est bien la preuve.
C’est de la voir ELLE, ma propre fille, la chair de ma chair, en face de moi, qui me rappelle que le temps a passé si vite.

Jacques Ferron disait que « l’âge est un simulacre. Au plus profond de soi, il n’y a de vif et de vrai que son enfance et sa jeunesse ».

C’est tellement vrai.

Toute ma vie est tellement présente, les souvenirs si précis, les sensations si exaltées : la visite de Casimir dans mon école en maternelle (l’authentique monstre gentil de l’Ile aux enfants, arrivé à Calas en Provence en carriole, accompagné de François et Julie, si, si je vous jure que c’est vrai !), de ma poupée Tinnie, des épisodes de Super Jaimie, de mon premier chien, de ma maitresse de CP, de mon premier « french kiss » de mes premiers chagrins d’amour aussi.

Ceux là mêmes, qui vous donnent l’impression que le monde va s’écrouler autour de vous et vous ensevelir tellement ça fait mal et auxquels finalement, toujours, vous survivez.

Moi aussi avant ma fille, j’ai certainement trouvé mes parents vieux, peut être même pensé qu’ils étaient « vieux ET cons à la fois » mais comme elle, j’avais le droit de le penser mais pas de le dire.

Le temps file si vite désormais que la sagesse me pousse à réapprendre à savourer l’instant présent dans toute sa quintessence.
Alors, quoi qu’en disent nos papiers d’identité, nous n’avons pas toujours l’âge qui y est inscrit.

Se sentir jeune plus que le paraître, n’est ce pas l’essentiel ?

Nul doute que ce sont les valeurs d’optimisme et d’hédonisme toujours si présentes en moi qui me guident sur cette voie.
A 40ans, je suis un peu moins immortelle. J’ai toujours des rêves plein la tête.
Maintenant, je ne crois plus mais je SAIS que tout est possible …

C’est pas fini, on vient à peine de commencer…*

*Clip officiel du premier extrait du nouvel album « Ici-bas, Ici même » de MIOSSEC à découvrir absolument.

2 réflexions au sujet de « C’est bizarre cette histoire du temps qui passe… »

  1. Il y a longtemps ma petite Annabelle que je ne t’ai vue, ni pu délirer avec toi quand tu étais « jeune » du temps de sainte Foie (ô douleur ;)) et où moi j’avais déjà dépassé ton grand âge de today; sache que tu as encore effectivement de sacrées bonnes années devant toi ! enjoy c’est vrai que la vie a une fâcheuse tendance à passer à toute allure, et ce n’est pas fini comme dirait Mme SFR
    bises

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